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Points Clés

  • Le 3 janvier 2024, le PP a déposé une loi visant à dissoudre les partis promouvant l'indépendance, ciblant Junts et ERC.
  • La proposition a introduit des crimes de « déloyauté constitutionnelle » dans le Code pénal.
  • Cette initiative était une réponse au pacte d'amnistie entre le PSOE et Carles Puigdemont.
  • Deux ans plus tard, le leader du PP, Feijóo, a confirmé un dialogue avec Junts.
  • Feijóo a critiqué Vox, affirmant qu'ils se présentent aux élections sans intention de gouverner.

Résumé Rapide

Il y a deux ans, le 3 janvier 2024, le Partido Popular (PP) a adopté une position intransigeante face au pacte d'amnistie entre le PSOE et Carles Puigdemont. Le parti, dirigé alors par le porte-parole parlementaire Miguel Tellado, s'est réuni au siège national sur la rue Génova. Ils ont annoncé l'enregistrement d'une loi au Congrès visant à dissoudre les partis qui promeuvent l'indépendance ou des référendums illégaux. Cette législation ciblait spécifiquement Junts et ERC, introduisant de nouveaux crimes de « déloyauté constitutionnelle » dans le Code pénal.

Cependant, la dynamique politique a évolué de manière significative depuis cette annonce. Dans un revirement récent, le leader du PP, Alberto Núñez Feijóo, a exprimé une approche différente. Il a confirmé un dialogue en cours avec la formation de Puigdemont. De plus, Feijóo a critiqué le parti Vox, suggérant qu'ils se présentent aux élections simplement pour entraver la gouvernance plutôt que pour gouverner. Cela représente un pivot de la stratégie de criminalisation vers une négociation politique et une critique des autres partis d'opposition.

La proposition de 2024 : Une réponse à l'amnistie

Les événements du début de l'année 2024 ont été définis par une forte opposition à la loi d'amnistie négociée par le parti au pouvoir. Ce jour spécifique de janvier, le Partido Popular a utilisé une conférence de presse pour déposer un projet de loi. L'objectif était clair : empêcher les partis d'opérer s'ils prônaient la sécession. Miguel Tellado a présenté cette initiative comme une mesure nécessaire pour protéger la constitution. La proposition visait à modifier le Code pénal pour inclure des infractions spécifiques visant ceux qui sapent l'unité nationale.

Cette poussée législative n'était pas isolée. Elle s'est produite au milieu de manifestations publiques croissantes contre le Premier ministre Pedro Sánchez. L'initiative du PP a été présentée comme un bouclier juridique contre les concessions perçues faites au mouvement pro-indépendance. En proposant la dissolution de partis comme Junts, le PP cherchait à démanteler légalement l'infrastructure soutenant la poussée indépendantiste. L'atmosphère de l'époque était celle de la confrontation, le PP se positionnant comme le principal défenseur de l'ordre constitutionnel contre l'accord d'amnistie.

Basculer vers le dialogue et l'interlocution

Au fil du temps, la rhétorique du Partido Popular s'est adoucie concernant Junts. La direction du parti, actuellement sous Alberto Núñez Feijóo, a reconnu une relation de travail avec le parti dirigé par Carles Puigdemont. Cette reconnaissance de « l'interlocution » marque un départ net des appels à l'illégalisation entendus deux ans plus tôt. Le PP s'engage désormais avec l'entité même qu'il a cherché à bannir.

Ce pivot stratégique suggère une approche pragmatique face à la réalité parlementaire actuelle. Le gouvernement s'appuyant sur diverses voix de soutien, le PP se positionne peut-être comme une alternative viable capable de négocier avec diverses forces politiques. La confirmation du dialogue avec Junts permet au PP de maintenir un canal de communication avec un acteur politique clé du paysage espagnol. Cela éloigne le parti de la position isolationniste de 2024 vers une posture politique plus engagée.

La critique de Feijóo envers Vox 🗳️

En même temps que le changement de position concernant Junts, Feijóo a également durci sa critique envers d'autres partis de droite. Il a spécifiquement visé Vox, offrant une évaluation précise de leur utilité politique. Selon Feijóo, Vox se présente comme une force d'opposition mais manque de volonté ou de capacité pour gouverner réellement. Il a suggéré que le parti entre en élections principalement pour perturber plutôt que pour administrer.

Cette critique sert un double objectif. Tout d'abord, elle distingue le Partido Popular comme le seul parti de droite capable de gouverner efficacement. Deuxièmement, elle tente de consolider le vote conservateur en soulignant la futilité perçue d'un vote pour Vox. En qualifiant Vox de parti qui « n'a pas l'intention de gouverner », Feijóo vise à positionner le PP comme la seule option sérieuse pour les électeurs conservateurs. Cette critique interne à la droite contraste avec le dialogue externe établi avec Junts.

Conclusion : Une évolution politique

En regardant en arrière sur les deux ans depuis le 3 janvier 2024, la trajectoire du Partido Popular révèle une évolution significative. La réaction initiale au pacte d'amnistie était celle d'une agressivité juridique, cherchant à interdire les opposants politiques. La proposition de Miguel Tellado de dissoudre Junts était le point culminant de cette ère de confrontation.

Aujourd'hui, la réalité est différente. Le PP est passé de la proposition d'illégalisation de Junts à la confirmation d'un dialogue actif avec eux. Simultanément, le parti travaille à saper ses concurrents à droite, spécifiquement Vox. Cette double stratégie d'engagement avec le mouvement indépendantiste de gauche tout en attaquant l'extrême droite suggère un repositionnement du PP en tant que force centre-droite capable de négociation. La « déloyauté constitutionnelle » proposée en 2024 a été remplacée par un pragmatisme politique.