Points Clés
- Les analystes évoquent des dissensions sur plusieurs sujets entre le Saoudien MBS et l'Émirati Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan.
- La rivalité entre les deux dirigeants a éclaté au grand jour dans le contexte du Yémen.
- Le Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan était autrefois considéré comme le mentor de MBS.
Résumé Rapide
Les analystes évoquent des dissensions sur plusieurs sujets entre le Saoudien MBS et l'homme qui était autrefois considéré comme son mentor, l'Émirati Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan. La rivalité entre les deux puissances du Golfe a éclaté au grand jour, notamment concernant le conflit au Yémen. Cette relation est qualifiée d'« amitié rivale » (frenemies), où la coopération et la compétition coexistent simultanément. La source de la friction semble provenir d'approches stratégiques différentes concernant la stabilité régionale et la guerre au Yémen. Ce développement met en évidence l'évolution des dynamiques de pouvoir au sein du Conseil de coopération du Golfe.
Le Mentor et Le Protégé
La relation entre Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan des Émirats arabes unis et le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman a longtemps été vue sous l'angle du mentorat. Pendant des années, le dirigeant émirati était considéré comme le guide principal et le partenaire stratégique du prince héritier saoudien. Cette alliance a été fondamentale pour de nombreux changements géopolitiques observés au Moyen-Orient au cours de la dernière décennie. Cependant, des observations récentes suggèrent que la dynamique évolue.
Les analystes notent que le lien n'est plus défini uniquement par un alignement. Il a plutôt pris les caractéristiques d'une rivalité complexe. Les deux nations, tout en partageant de nombreux objectifs, poursuivent des voies de plus en plus distinctes. Ce changement est le plus évident dans leurs engagements militaires et politiques à l'étranger. L'étiquette d'« amitié rivale » capture la nuance d'une relation à la fois coopérative et compétitive.
Le Théâtre Yémén 🇾🇪
Le conflit au Yémen sert de scène principale à la divergence visible entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Les deux pays sont intervenus dans la guerre civile pour soutenir le gouvernement contre les rebelles houthis, mais leurs objectifs n'ont pas toujours été identiques. La source souligne que la rivalité a « éclaté au grand jour » spécifiquement dans ce contexte. Les désaccords sur les proxies locaux et les objectifs finaux de l'intervention ont tendu le partenariat.
Ces dissensions ne sont pas seulement théoriques ; elles se manifestent dans la prise de décision stratégique. Alors que l'Arabie saoudite a souvent privilégié un règlement politique global, les Émirats arabes unis se sont concentrés sur la sécurisation d'actifs stratégiques spécifiques et le soutien aux groupes séparatistes du sud. Ces priorités différentes créent des frictions sur le terrain et au niveau diplomatique. La visibilité de ces désaccords marque un tournant dans la réponse régionale à la guerre.
Rifts Géopolitiques Plus Larges
Alors que le Yémen est le point de friction, les analystes suggèrent que les dissensions s'étendent à plusieurs sujets. La friction entre MBS et Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan touche à la compétition économique, à l'influence dans la Corne de l'Afrique et aux relations avec les puissances occidentales. Les Émirats arabes unis ont cherché à s'établir comme un centre de pouvoir distinct, plutôt que comme un simple partenaire junior de Riyad. Cette ambition crée naturellement des zones de chevauchement et de compétition.
L'érosion de la dynamique mentor-protégé signale une maturation de la politique du Golfe. Les deux dirigeants affirment plus fermement leurs propres intérêts nationaux. Cela inclut des vues divergentes sur la manière de gérer les conséquences du Printemps arabe et comment interagir avec l'Iran et la Turquie. La complexité de ces questions assure que la rivalité restera une caractéristique définissante de la politique de la région.
Perspectives d'Avenir
La situation actuelle suggère que la relation entre l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis restera fluide. Le statut d'« amitié rivale » permet une coopération continue dans les domaines d'intérêt mutuel tout en reconnaissant une compétition profondément enracinée. La rivalité n'implique pas nécessairement une rupture des relations, mais plutôt une approche plus transactionnelle et moins sentimentale de la diplomatie. Les deux nations restent des acteurs clés dans le Golfe.
Les observateurs surveilleront de près la résolution de ces tensions. Les deux puissances trouveront-elles un modus vivendi au Yémen et au-delà, ou la rivalité s'approfondira-t-elle ? La réponse réside dans la capacité de MBS et de Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan à équilibrer leurs ambitions nationales avec la stabilité régionale. La visibilité de leur rivalité est un signe avant-coureur que l'ancien ordre est en train de changer.




