Points Clés
- Nicolás Maduro a commencé sa carrière comme chauffeur de bus à Caracas dans les années 1990.
- Il a été choisi par Hugo Chávez comme son successeur avant sa mort.
- L'ancien chef du renseignement Manuel Figuera a comparé les tactiques de surveillance de Maduro à la Gestapo.
- L'ancienne procureure générale Luisa Ortega a affirmé que plus de 8 000 Vénézuéliens ont été exécutés par les forces de l'État.
- Les États-Unis ont suspendu les sanctions sur le pétrole vénézuélien suite à la guerre en Ukraine.
Résumé Rapide
Le parcours de Nicolás Maduro, passant de chauffeur de bus à dirigeant autoritaire du Venezuela, est détaillé dans un nouveau documentaire. Le film présente les témoignages d'anciens alliés qui ont ensuite été persécutés. Au cours de ses 12 années de mandat, Maduro a utilisé la répression et la propagande pour centraliser le contrôle.
Sa montée a commencé avec le Parti Socialiste et une formation à Cuba. Après la mort de Hugo Chávez, Maduro a fait face à une méfiance interne mais a rapidement agi pour consolider son pouvoir. Il a utilisé les services de renseignement pour surveiller les opposants et a forcé de nombreux anciens alliés à l'exil. Malgré une économie en ruine et des sanctions internationales, son régime a survécu, retrouvant récemment une pertinence géopolitique due aux changements sur les marchés mondiaux de l'énergie.
1. Origines et montée au pouvoir
Dans les années 1990, Nicolás Maduro était un chauffeur de bus naviguant dans les rues de Caracas. Son ascension politique a commencé lorsqu'il a rejoint le Parti Socialiste et a été envoyé à Cuba pour étudier sous Fidel Castro. Des décennies plus tard, il appliquerait ces leçons en tant que président d'une nation possédant les plus grandes réserves de pétrole au monde.
Maduro est resté aux côtés de Hugo Chávez dès le début de la révolution bolivarienne. Après la mort de Chávez, il a été choisi comme successeur. La transition s'est produite après une période de dépenses sociales importantes alimentées par la richesse pétrolière. Selon l'ancien ministre du Pétrole Rafael Ramirez, l'époque a vu la pauvreté passer de 70 % à 7 %.
En tant que Ministre des Affaires étrangères sous Chávez, Maduro a forgé des alliances avec Cuba, la Russie et l'Iran. Lorsque la santé de Chávez a décliné, il a désigné Maduro comme son successeur, ouvrant la voie à la présidence de Maduro.
2. Consolidation du pouvoir et répression
La présidence de Maduro a commencé avec une marge électorale étroite, menant à des soupçons internes. Pour sécuriser sa position, il a nommé le général Manuel Figuera pour diriger le renseignement. Figuera a décrit plus tard la transformation de l'agence en un mécanisme d'État policier.
Selon Figuera, Maduro a ordonné la surveillance de tous les opposants, désirant tout savoir de ce qu'ils faisaient. Figuera a déclaré : "Era pra ele como a GESTAPO estava para o Hitler" (Pour lui, c'était comme la Gestapo l'était pour Hitler). La répression s'étendait même aux anciens alliés.
Rafael Ramirez, un ancien ministre, a été persécuté et forcé à l'exil. Ramirez a raconté : "Ele mandou me prenderem. Porque ele achou que eu era uma pessoa que poderia tomar o lugar dele. Ele invadiu minha casa e me forçou a me exilar" (Il a ordonné mon arrestation. Parce qu'il pensait que j'étais quelqu'un qui pourrait prendre sa place. Il a envahi ma maison et m'a forcé à m'exiler).
Après avoir perdu la majorité parlementaire en 2015, Maduro a intensifié le contrôle. L'ancienne procureure générale Luisa Ortega, autrefois défenseure du régime, a rompu les rangs pour dénoncer les abus. Elle a affirmé que plus de 8 000 Vénézuéliens ont été exécutés par la police et l'armée.
3. Crise économique et pression internationale
Le déclin de la compagnie pétrolière d'État PDVSA, minée par la corruption et le manque d'entretien, a coïncidé avec les sanctions américaines. Le déclin est visible dans la région du lac Maracaibo, le berceau du pétrole vénézuélien, où les habitants se souviennent peu de l'ère dorée.
Les États-Unis ont détecté cette instabilité. En 2016, Donald Trump a tenté de renverser Maduro en soutenant Juan Guaidó comme "président légitime", mais l'effort a échoué. L'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton a suggéré que Maduro voulait probablement partir mais en a été empêché par des alliés étrangers.
Bolton a déclaré : "Acho que maduro e sua mulher queriam ir embora. Mas os russos e cubanos os mandaram ficar. Porque sabiam que se ele saísse o regime colapsaria muito rapidamente" (Je pense que Maduro et sa femme voulaient partir. Mais les Russes et les Cubains leur ont ordonné de rester. Parce qu'ils savaient que s'il partait le régime s'effondrerait très rapidement).
Le paysage géopolitique a changé avec la guerre en Ukraine. Alors que des sanctions étaient appliquées au pétrole russe, le président Joe Biden a suspendu les restrictions sur le pétrole vénézuélien. Ce mouvement a restauré la pertinence de Maduro sur la scène internationale, amenant l'Occident à renouer avec lui, même si Donald Trump envisage un retour au pouvoir pour faire baisser les prix du carburant aux États-Unis.
4. Propagande et survie politique
Malgré les menaces et les turbulences économiques, Maduro a maintenu le pouvoir grâce à une combinaison de chance et d'investissements massifs dans la propagande. Son administration a activement travaillé à forger une image de lui en tant que défenseur du peuple.
Un exemple notable de cette stratégie est la création d'un super-héros animé nommé “Super Bigode” (Super Moustache). Ce personnage sert à renforcer l'image politique de Maduro. Alors que le Venezuela regarde vers l'avenir, la population fait face à la question de savoir si elle continuera à défendre son "héros" ou tournera la page de ce chapitre de l'histoire.
"Nous avons réduit la pauvreté de 70 % à 7 %. Ce furent des avancées sociales importantes."
— Rafael Ramirez, Ancien ministre du Pétrole
"Il a commencé à utiliser cette force comme police politique. Pour lui, c'était comme la Gestapo l'était pour Hitler."
— Manuel Figuera, Ancien chef du renseignement
"Il a ordonné mon arrestation. Parce qu'il pensait que j'étais quelqu'un qui pourrait prendre sa place. Il a envahi ma maison et m'a forcé à m'exiler."
— Rafael Ramirez, Ancien ministre du Pétrole
"Plus de huit mille Vénézuéliens ont été exécutés par la police et par l'Armée."
— Luisa Ortega, Ancienne procureure générale
"Je pense que Maduro et sa femme voulaient partir. Mais les Russes et les Cubains leur ont ordonné de rester. Parce qu'ils savaient que s'il partait le régime s'effondrerait très rapidement."
— John Bolton, Ancien conseiller à la sécurité nationale

