Points clés
- Les deux premières décennies de la vie pourraient constituer la moitié de l'expérience subjective d'un être humain.
- Le temps semble s'accélérer à mesure que nous vieillissions en raison du manque de nouveauté et de la compression de la mémoire.
- L'enfance est caractérisée par une grande densité de « premières fois », qui créent des souvenirs plus expansifs.
Résumé rapide
Le concept de temps subjectif suggère que toutes les années ne sont pas vécues de manière égale. Alors qu'une année compte objectivement toujours 365 jours, la façon dont le cerveau humain traite et se souvient de ce temps varie considérablement avec l'âge.
La recherche indique que les deux premières décennies de la vie paraissent disproportionnellement longues par rapport aux décennies suivantes. Ce phénomène est attribué à la densité des nouvelles expériences et à la façon dont le cerveau code les souvenirs. À mesure que nous vieillissions, la routine s'installe et le cerveau commence à filtrer les stimuli familiers, ce qui fait que les années semblent passer plus rapidement.
Si nous acceptons la prémisse que l'enfance constitue la moitié de notre vie subjective, cela modifie fondamentalement la façon dont nous devrions envisager nos responsabilités. Cela implique que les soins, l'éducation et la protection des jeunes sont primordiaux, car leurs expériences actuelles forment la majeure partie de leur existence perçue. De plus, cela suggère que les adultes pourraient bénéficier de la recherche de nouvelles expériences pour contrer l'accélération du temps.
La spirale du temps
La notion de temps hélicoïdal propose que notre expérience de la vie n'est pas une progression linéaire mais une spirale. À mesure que nous vieillissions, nous revivons les mêmes types d'expériences — vacances, cycles de travail, saisons — mais avec une vitesse croissante. La première fois que nous vivons un événement, il est nouveau et occupe une grande quantité d'espace mental ; la centième fois est fugace.
L'enfance est définie par les premières fois. La première fois qu'un enfant fait du vélo, apprend un mot ou visite une nouvelle ville, le cerveau crée un réseau dense de connexions. Cette densité fait que le souvenir de cette période paraît expansif lorsqu'on y repense.
En revanche, les années d'adulte sont souvent remplies de répétition. Le manque de nouveauté fait que le cerveau comprime le temps. Une année passée dans un travail répétitif à l'âge de 40 ans peut être mémorisée comme étant passée « en un clin d'œil », tandis qu'une année à l'école primaire, remplie de nouvelles leçons et de développements sociaux, semble une éternité.
Les mathématiques de la mémoire
Si nous mesurons la vie par le nombre d'événements distincts et mémorables plutôt que par les battements chronologiques, la distribution s'incline fortement vers le début. L'auteur postule une réalité mathématique où les 20 premières années de la vie représentent environ 50 % de la vie subjective.
Ce calcul repose sur la « théorie de la proportionnalité » de la perception du temps. Une seule année à l'âge de 5 ans représente 20 % de l'existence entière d'un enfant, tandis qu'une année à l'âge de 50 ans ne représente que 2 % de sa vie. Le poids psychologique de cette année reflète ces pourcentages.
Par conséquent, l'argument soutient que :
- Les premières années sont les plus intensives en ressources en termes de formation de la mémoire.
- Elles posent les bases de la personnalité et des schémas cognitifs utilisés pour le reste de la vie.
- Elles sont, dans un sens très réel, la partie la plus « longue » du fait d'être en vie.
Implications pour la vie quotidienne
Accepter que l'enfance domine notre chronologie subjective a des implications profondes pour le fonctionnement de la société. Cela suggère que les politiques affectant les jeunes ne sont pas seulement des investissements dans l'avenir, mais des investissements dans la majorité de l'expérience vécue réelle d'un être humain.
Pour les individus, cette perspective offre deux voies distinctes. La première est de s'assurer que les enfants reçoivent des environnements riches en stimulation positive et en sécurité, maximisant la qualité de leurs années les plus « longues ». La seconde est pour les adultes de tenter de ralentir leur propre perception du temps.
Pour combattre l'accélération de l'âge, l'article suggère d'injecter de la nouveauté dans la vie d'adulte. En apprenant de nouvelles compétences, en voyageant vers des lieux inconnus ou en brisant les routines, les adultes peuvent imiter la densité neuronale de la jeunesse. Bien que nous ne puissions pas étendre notre espérance de vie chronologique, nous pouvons peut-être étendre notre espérance de vie subjective, faisant en sorte que les années restantes paraissent plus longues et plus significatives.




