Points clés
- En 1958, le Vatican a placé l'image de Brigitte Bardot dans son pavillon de l'Exposition universelle comme symbole du mal
- Trois jeunes hommes de bonnes familles d'Angers ont assassiné quelqu'un dans un train, certaines familles accusant le film de Bardot « Et Dieu créa la femme »
- Simone de Beauvoir a décrit Bardot comme une « bombe sexuelle » qui n'était ni perverse, ni rebelle, ni immorale
- La Conférence épiscopale espagnole a récemment attribué un prix à Rosalía, inversant la condamnation précédente de l'Église envers les artistes controversés
Résumé rapide
La relation de l'Église catholique avec les figures culturelles controversées a subi une transformation dramatique au fil des décennies. En 1958, le Vatican a placé l'image de Brigitte Bardot dans son pavillon de l'Exposition universelle comme symbole du mal, reflétant la confiance de l'Église dans sa capacité à censurer livres et films tout en prétendant représenter l'opinion majoritaire.
Cette condamnation a atteint son paroxysme lorsque des familles d'Angers ont accusé le film de Bardot « Et Dieu créa la femme » d'avoir corrompu trois jeunes hommes qui ont commis un meurtre. L'analyse de Simone de Beauvoir décrivait Bardot comme une « bombe sexuelle » qui défiait la morale conventionnelle. À l'opposé, la Conférence épiscopale espagnole a récemment attribué un prix à Rosalía, représentant un renversement complet de la position précédente de l'Église.
Cette évolution reflète les changements sociétaux plus larges où l'Église cherche désormais à embrasser les figures culturelles plutôt que de les condamner. Ce changement soulève des questions sur la cohérence institutionnelle et sur le fait de savoir si l'Église a abandonné son rôle traditionnel d'arbitre moral au profit de la pertinence culturelle.
La controverse du Vatican de 1958
Lors de l'Exposition universelle de 1958, le pavillon du Vatican a fait une déclaration délibérée en affichant Brigitte Bardot comme symbole du mal. Cette action représentait la confiance absolue de l'Église catholique dans son autorité morale à cette époque. L'Église opérait avec la conviction qu'elle parlait pour une « majorité de personnes réfléchies », censurant activement les livres et films qu'elle jugeait inappropriés.
L'institution considérait les figures culturelles comme Bardot comme des influences dangereuses pouvant égarer les gens des chemins moraux. Cette perspective n'était pas seulement théorique mais avait des conséquences concrètes pour les artistes et leur travail. L'appareil de censure de l'Église s'étendait au-delà d'une simple désapprobation à une suppression active du contenu qu'elle considérait comme nuisible à ses fidèles.
La décision du Vatican de mettre en avant Bardot dans son pavillon reflétait une stratégie institutionnelle plus large de condamnation publique. En la qualifiant de symbole du mal, l'Église cherchait à avertir ses fidèles des dangers de la culture séculière moderne. Cette approche supposait que les absolus moraux étaient clairs et que l'interprétation de l'Église représentait une vérité universelle.
L'affaire des meurtres d'Angers
Les conséquences de la condamnation de l'Église s'étendaient bien au-delà des gestes symboliques. Dans la même période que l'exposition du Vatican, trois jeunes hommes de bonnes familles d'Angers ont commis un meurtre dans un train. Le crime a choqué la communauté et poussé à des recherches désespérées d'explications.
Certaines familles ont directement accusé Brigitte Bardot et son film Et Dieu créa la femme d'avoir corrompu les jeunes hommes. Cette accusation révélait à quel point le cadre moral de l'Église influençait la pensée publique sur le crime et la responsabilité. La logique suivait que l'exposition à la sexualité de Bardot ne pouvait mener qu'à la dégradation morale et au comportement violent.
L'affaire a démontré l'impact concret de la condamnation culturelle. Lorsque des institutions faisant autorité qualifient certains artistes ou œuvres d'art comme dangereux, leurs fidèles peuvent intégrer ces avertissements et chercher à lier les maux sociaux à ces influences « corruptrices ». L'affaire d'Angers est devenue un symbole de la manière dont la panique morale peut façonner le discours public sur le crime.
L'analyse de Simone de Beauvoir
La philosophe Simone de Beauvoir a offert une perspective différente sur Brigitte Bardot dans son essai sur l'actrice. De Beauvoir a contesté la condamnation moraliste en arguant que Bardot n'était ni perverse, ni rebelle, ni immorale. Selon de Beauvoir, les sermons traditionnels et les leçons de morale ne s'appliquaient tout simplement pas au cas de Bardot.
L'analyse de Beauvoir décrivait Bardot comme une bombe sexuelle dont le pouvoir subversif venait de son refus de se conformer à la morale conventionnelle. Elle soutenait que les concepts de bien et de mal eux-mêmes étaient des conventions sociales, et l'importance de Bardot résidait dans son incapacité à même concevoir de se soumettre à ces règles arbitraires. Cette interprétation positionnait Bardot non comme une figure du mal, mais comme quelqu'un opérant en dehors des cadres moraux que l'Église et la société tentaient d'imposer.
L'évaluation de la philosophe a fourni un contrepoint intellectuel à la condamnation institutionnelle. Plutôt que de voir Bardot comme une influence corruptrice, de Beauvoir la voyait comme une remise en question des fondements mêmes du jugement moral. Cette perspective influencerait plus tard la façon dont la société comprenait la relation entre l'art, la sexualité et la morale.
Le renversement institutionnel moderne
La décision de la Conférence épiscopale espagnole d'attribuer un prix à Rosalía représente un renversement complet de la position précédente de l'Église sur les artistes controversés. Cette action contraste fortement avec le pavillon du Vatican de 1958 qui présentait Bardot comme symbole du mal. La transformation révèle comment l'approche de l'Église envers les figures culturelles a fondamentalement changé.
Là où l'Église condamnait autrefois les artistes pour leur banalité et leur corruption morale, elle les célèbre désormais comme des réalisations dans l'expression spirituelle. L'institution semble avoir conclu que toute forme d'engagement spirituel, même non conventionnelle, représente un progrès. Ce changement suggère que l'Église est passée d'une position de certitude morale à une d'accommodation culturelle.
Le renversement soulève des questions importantes sur la cohérence et les principes institutionnels. Si l'Église a autrefois condamné Bardot pour l'expression sexuelle mais récompense maintenant Rosalía pour ce qu'elle perçoit comme du contenu spirituel, qu'est-ce que cela révèle sur la stabilité des jugements moraux ? Le changement peut refléter une évolution sociétale plus large, mais il suggère également que le cadre moral de l'Église est devenu plus flexible et peut-être plus préoccupé par la pertinence que par des principes cohérents.
Points clés : 1. En 1958, le Vatican a placé l'image de Brigitte Bardot dans son pavillon de l'Exposition universelle comme symbole du mal 2. Trois jeunes hommes de bonnes familles d'Angers ont assassiné quelqu'un dans un train, certaines familles accusant le film de Bardot « Et Dieu créa la femme » 3. Simone de Beauvoir a décrit Bardot comme une « bombe sexuelle » qui n'était ni perverse, ni rebelle, ni immorale 4. La Conférence épiscopale espagnole a récemment attribué un prix à Rosalía, inversant la condamnation précédente de l'Église envers les artistes controversés FAQ : Q1 : Comment l'Église catholique traitait-elle les artistes controversés par le passé ? A1 : En 1958, le Vatican a affiché Brigitte Bardot comme symbole du mal dans son pavillon de l'Exposition universelle, reflétant la confiance de l'Église dans la censure de livres et de films tout en prétendant représenter l'opinion majoritaire. Q2 : Qu'est-ce qui a changé dans l'approche de l'Église envers les figures culturelles ? A2 : La Conférence épiscopale espagnole a récemment attribué un prix à Rosalía, représentant un renversement complet de la position précédente de l'Église qui condamnait des artistes comme Bardot comme des influences corruptrices. Q3 : Quel était le lien avec l'affaire des meurtres d'Angers ? A3 : Trois jeunes hommes de bonnes familles d'Angers ont commis un meurtre dans un train, et certaines familles ont accusé le film de Bardot « Et Dieu créa la femme » de les avoir corrompus, montrant l'impact concret de la condamnation morale de l'Église.« Brigitte Bardot n'est ni perverse, ni rebelle, ni immorale, si bien que les sermons ne font rien avec elle. Le bien et le mal font partie des conventions, et leur soumission est une pensée qui ne lui vient même pas à l'esprit. »
— Simone de Beauvoir, Philosophe

