Points Clés
- Madre Carmela a été exécutée le 15 août 1936, quelques semaines après le soulèvement militaire à Grenade.
- Son corps est resté dans une fosse commune à Víznar pendant près de neuf décennies avant son identification.
- La récupération a eu lieu le 19 décembre 2025, en présence de trois générations de sa famille.
- Víznar est historiquement important comme lieu d'inhumation du poète Federico García Lorca.
- Elle était connue comme une anarchiste et tenancière de taverne renommée à Grenade avant sa mort.
Un silence brisé
Le silence dans la pièce est lourd, concentré sur 90 ans d'attente. C'est un silence rempli de larmes alors qu'Ángel González, 79 ans, se permet enfin de parler à sa mère, Nieves, décédée depuis longtemps. Dans ses pensées, il répète les mots qu'il a longtemps désiré dire : « Mamá, la hemos encontrado, la hemos encontrado… »
Il a retrouvé sa grand-mère, Carmen Rodríguez Parra, connue de tous sous le nom de Madre Carmela. Son corps reposait dans une fosse commune depuis qu'elle a été tuée le 15 août 1936 par les sublevados — les rebelles franquistes qui ont déclenché la guerre civile espagnole. Maintenant, un vendredi froid, le 19 décembre 2025, à Víznar, la famille se réunit pour finalement la récupérer.
Le retour final
La nuit était tombée sur Víznar, et l'air mordait de froid. Ángel González a pris les premiers pas timides vers une petite boîte, de moins d'un mètre de long. À l'intérieur reposaient les restes de la femme qui tenait une taverne à Grenade réputée pour son hospitalité. Derrière lui se tenaient son frère Antonio, 75 ans, et son cousin Marco, 66 ans, ainsi que sa femme María Estrella et deux de ses filles.
Lorsque la boîte fut ouverte, Ángel fut le premier à regarder à l'intérieur. Il vit un crâne et de nombreux os. À cet instant, le poids de l'histoire se leva légèrement. « Eres tú, abuela. Estás con nosotros », murmura-t-il. « Tu es avec nous. » La famille avait accompli un long voyage pour la ramener à la maison.
- Ángel González, 79 ans, a mené la famille
- Antonio González, 75 ans, et Marco, 66 ans, l'accompagnaient
- Les restes étaient contenus dans une petite boîte
- La réunion a eu lieu à Víznar
« Mamá, la hemos encontrado, la hemos encontrado… »
— Ángel González, Petit-fils
Une vie de liberté
Carmen Rodríguez Parra était plus qu'une simple victime ; c'était une femme connue pour son esprit. À Grenade, elle gérait une taberna où son hospitalité était légendaire. Elle accueillait tous ceux qui franchissaient son seuil, créant un espace de communauté et de chaleur. Son identité d'anarchiste définissait son engagement pour la liberté et l'égalité.
Sa vie fut brutalement interrompue durant l'été violent de 1936. Les sublevados, menés par Franco, prirent le contrôle de Grenade le 20 juillet 1936. Quelques semaines plus tard, le 15 août, Madre Carmela fut exécutée. Elle fut enterrée dans une fosse commune, son individualité effacée par la brutalité de la guerre, jusqu'à ce que les travaux de médecine légale et la détermination de sa famille restaurent son nom.
Le poids de l'histoire
Lieu de cette réunion porte une résonance historique profonde. Víznar est le même sol où le poète Federico García Lorca fut assassiné et enterré dans une fosse similaire sans marque. La récupération des restes de Madre Carmela n'est pas un événement isolé, mais fait partie d'une lutte plus large pour la mémoire en Espagne.
Son histoire représente les milliers de victimes encore portées disparues dans des fosses non marquées à travers le pays. La récupération est un défi direct aux efforts de l'extrême droite pour effacer cette mémoire historique. C'est une victoire pour ceux qui refusent que le passé soit enterré.
« Mamá, la hemos encontrado, la hemos encontrado… »
Justice pour les oubliés
Le retour des restes de Madre Carmela est une forme de justice retardée de près d'un siècle. Pour la famille González, c'est l'aboutissement d'une recherche qui a traversé les générations. Le silence de la pièce où ils se sont réunis n'était pas seulement une absence de son, mais le poids d'une histoire qui avait été étouffée.
En regardant le crâne dans la boîte, Ángel ne voyait pas seulement des os, mais le visage de sa grand-mère. Les larmes versées cette nuit étaient pour une perte ressentie pendant 90 ans, enfin reconnue. La douleur privée de la famille est devenue un témoignage public de résilience.
- La récupération comble un vide de 90 ans
- Redonne sa dignité à une victime oubliée
- Souligne la recherche continue des victimes disparues
- Contre la révision historique
Un héritage préservé
L'histoire de Madre Carmela se termine là où elle a commencé : avec la famille. Le silence qui ne contenait autrefois que de la douleur détient maintenant la paix du retour. Ses restes ne sont plus une terre anonyme dans une fosse commune, mais le souvenir précieux d'une famille à Grenade.
Cette récupération rappelle que l'histoire n'est pas statique. C'est un récit vivant que les familles continuent d'écrire, cherchant vérité et clôture. L'héritage de Madre Carmela vit dans les descendants qui ont refusé de l'oublier.
« Eres tú, abuela. Estás con nosotros. »
— Ángel González, Petit-fils
Questions Fréquemment Posées
Qui était Madre Carmela ?
Madre Carmela, dont le vrai nom était Carmen Rodríguez Parra, était une anarchiste et tenancière de taverne à Grenade connue pour son hospitalité. Elle a été tuée par les forces franquistes en août 1936 pendant la guerre civile espagnole.
Où ont été retrouvés ses restes ?
Ses restes ont été récupérés d'une fosse commune à Víznar, Grenade. Ce lieu est historiquement important comme site d'inhumation du poète Federico García Lorca.
Combien de temps a-t-elle été portée disparue ?
Son corps a reposé dans la fosse commune pendant environ 90 ans avant d'être identifié et retourné à sa famille en décembre 2025.
Pourquoi cette récupération est-elle significative ?
Elle représente la justice pour une victime de la guerre civile espagnole et contrecarre les efforts de l'extrême droite pour effacer la mémoire historique. Elle souligne également le travail en cours pour identifier des milliers de victimes encore portées disparues dans des fosses communes à travers l'Espagne.









