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L'état de siège au Guatemala : les gangs contre le gouvernement
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L'état de siège au Guatemala : les gangs contre le gouvernement

El País2h ago
3 min de lecture
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Points Clés

  • Le Guatemala est entré dans sa première semaine sous l'état de siège décrété par le président Bernardo Arévalo suite à un massacre d'officiers de police.
  • Le gouvernement fait face à environ 30 000 membres de gangs issus de groupes comme Barrio 18 et Salvatrucha.
  • Le décret affronte des défis immédiats dans des quartiers comme El Mezquital, où les codes traditionnels du silence prévalent sur la loi de l'État.
  • La crise met en lumière l'immense difficulté de démanteler les structures de gangs ancrées qui opèrent comme une armée parallèle.

Une ville divisée

Depuis les toits gris d'El Mezquital, la ligne d'horizon de la capitale semble incroyablement lointaine. Ce vaste quartier périphérique de Guatemala City n'est pas un quartier traditionnel mais un enchevêtrement chaotique de béton et de métal ondulé. La vue depuis cet endroit offre une métaphore visuelle frappante de l'état actuel du pays : les centres de pouvoir et de commerce apparaissent comme de petites lumières inaccessibles.

Ces mêmes rues ont servi de terreau pour les gangs Barrio 18 et Salvatrucha, des organisations qui ont évolué en une force redoutable contestant l'État. Alors que le président Bernardo Arévalo met en œuvre un état de siège, la réalité sur le terrain suggère que les anciennes lois du silence détiennent encore plus de pouvoir que les nouveaux décrets du gouvernement.

Le décret prend effet

Le pays traverse actuellement sa première semaine sous un état de siège, une mesure drastique déclenchée par un massacre ciblé d'officiers de police. Cet événement a forcé le gouvernement à affronter l'ampleur de la menace criminelle, décrite comme une armée de 30 000 membres de gangs opérant aux frontières du pays. La déclaration représente une escalade significative dans la stratégie de l'État pour reprendre le contrôle du territoire.

Cependant, le cadre juridique de l'état de siège n'a pas encore pénétré la tapisserie sociale complexe d'endroits comme El Mezquital. Le décret, qui a officiellement passé sa première semaine en vigueur ce dimanche dernier, affronte un ensemble différent de règles non écrites dans ces communautés. L'atmosphère reste celle de la prudence et de l'observation, où la présence de l'autorité de l'État est souvent perçue avec suspicion plutôt que comme un soulagement.

  • Déclaration de l'état de siège suite au massacre de policiers
  • Environ 30 000 membres de gangs à l'échelle nationale
  • Focus sur la reconquête du contrôle territorial aux mains des groupes criminels
  • Première semaine de mise en œuvre en cours

La géographie du silence

El Mezquital représente la périphérie physique et sociale de la capitale. Autrefois un quartier distinct, il s'est transformé en une collection dense et désordonnée de logements où les infrastructures peinent à suivre le rythme de la population. Les bus scolaires jaunes qui grondent dans ses rues principales sont un lien vital, mais ils sont aussi des symboles de la précarité de la vie quotidienne ici.

Pour les résidents, le trajet vers le centre-ville est plus qu'un simple trajet ; c'est un passage à travers des zones d'influence. Le code non écrit qui régit ces rues est simple et brutal : « Voir, entendre et se taire ». Ce code garantit que l'information circule vers les gangs, et non vers les autorités, créant une barrière que l'état de siège n'a pas encore réussi à franchir.

Voir, entendre et se taire.

Les téléphones mobiles des résidents sont souvent cachés pendant les déplacements, un petit détail mais révélateur qui illustre la peur omniprésente et le contrôle exercé par les gangs. Dans cet environnement, le défi du gouvernement n'est pas seulement légal mais profondément culturel, nécessitant un changement dans la dynamique fondamentale de la confiance et de la sécurité.

L'armée de l'ombre

Le conflit n'est pas entre des criminels aléatoires et l'État, mais entre un gouvernement souverain et une force structurée et territoriale. Barrio 18 et Salvatrucha ne sont pas de simples gangs de rue ; ce sont des organisations sophistiquées avec une hiérarchie claire et une empreinte territoriale définie. Leur capacité à opérer avec une telle audace, culminant dans l'attaque contre les forces de police, souligne leur capacité à contester le monopole de la violence de l'État.

L'administration du président Arévalo est désormais chargée de démanteler cette armée parallèle tout en maintenant l'ordre public. L'état de siège confère au gouvernement des pouvoirs élargis, mais il augmente aussi les enjeux. Chaque action prise sous ce décret est un test de la capacité de l'État à protéger ses citoyens et à faire respecter ses lois dans des zones où ces lois ont été longtemps ignorées.

  • Barrio 18 et Salvatrucha opèrent avec une structure militaire
  • Contrôle sur des territoires et des quartiers spécifiques
  • Contestent le monopole de la violence de l'État
  • Ont forcé un état d'urgence national

La vue depuis la périphérie

Pour ceux qui vivent à l'ombre de la capitale, le conflit est une réalité quotidienne. Les lumières lointaines du centre-ville symbolisent des opportunités et une sécurité qui restent hors de portée. L'état de siège est un titre dans les actualités, mais dans les rues d'El Mezquital, le souci immédiat est de naviguer dans le réseau complexe de loyautés et de menaces qui définissent leur existence.

La capacité du gouvernement à projeter son pouvoir dans ces zones sera la véritable mesure du succès de l'état de siège. Cela nécessite plus qu'un simple décret légal ; cela exige une présence soutenue et une stratégie qui s'attaque aux causes profondes du recrutement par les gangs. Sans un changement tangible dans la vie quotidienne des résidents, les anciennes lois du silence pourraient s'avérer plus résilientes que les nouvelles lois de l'État.

Le trajet depuis les toits gris d'El Mezquital jusqu'aux centres de pouvoir de Guatemala City reste long et semé d'embûches. L'état de siège a ouvert un nouveau chapitre dans la lutte contre la criminalité organisée, mais la fin est loin d'être écrite.

Points à retenir

Le Guatemala se trouve à un carrefour critique, équilibrant les pouvoirs légaux d'un état de siège contre les réalités sociales ancrées du contrôle des gangs. Le conflit est une confrontation directe entre le gouvernement de Bernardo Arévalo et une structure criminelle qui opère comme une armée de l'ombre.

Le chemin à suivre sera défini par la capacité de l'État à pénétrer le silence qui protège les gangs dans des quartiers comme El Mezquital. Le succès exigera plus que la force ; il exigera un changement fondamental dans la relation entre l'État et ses communautés les plus marginalisées.

Questions Fréquemment Posées

Pourquoi le Guatemala a-t-il décrété un état de siège ?

L'état de siège a été décrété par le président Bernardo Arévalo suite à un massacre meurtrier d'officiers de police. Cet événement a forcé le gouvernement à affronter l'ampleur de la menace criminelle posée par les gangs organisés.

Quelle est la situation dans des quartiers comme El Mezquital ?

Dans des zones comme El Mezquital, l'état de siège n'a pas encore pris pleinement pied. Les résidents continuent de suivre un code non écrit du silence — « Voir, entendre et se taire » — qui protège les gangs et défie l'autorité du gouvernement.

Quelle est l'ampleur de la menace des gangs au Guatemala ?

Le gouvernement fait face à environ 30 000 membres de gangs issus de groupes tels que Barrio 18 et Salvatrucha. Ces organisations opèrent avec une structure militaire et contrôlent des territoires importants.

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