Points Clés
- Pérez-Reverte a publiquement critiqué la décision de l'Académie royale espagnole d'ajouter de nouveaux mots à son dictionnaire officiel, notamment des termes comme « groupie », « referenciar » et « risoterapia ».
- L'auteur soutient que ces ajouts démontrent que l'Académie a abandonné sa fonction normative traditionnelle de gardienne des normes linguistiques.
- Il accuse spécifiquement l'institution de se laisser influencer par des YouTubers et des influenceurs des réseaux sociaux incultes plutôt que de maintenir des critères linguistiques rigoureux.
- Cette controverse met en lumière la tension permanente entre la lexicographie descriptive, qui documente l'usage réel de la langue, et les approches prescriptives qui cherchent à préserver les normes traditionnelles.
- Le débat reflète des inquiétudes culturelles plus larges sur la manière dont les plateformes numériques et les personnalités des réseaux sociaux remodèlent les institutions traditionnelles de l'autorité linguistique.
Une tempête littéraire
L'auteur espagnol respecté Pérez-Reverte a déclenché un débat animé sur l'avenir de la langue espagnole. Dans une critique sévère visant l'institution linguistique la plus prestigieuse du pays, il a remis en question les fondements mêmes de ses décisions récentes.
La controverse porte sur les derniers ajouts du Académie royale au dictionnaire officiel de l'espagnol. Ces nouvelles entrées, qui incluent des termes modernes issus de la culture populaire et de la vie numérique, sont devenues le point de friction d'une bataille sur l'autorité linguistique et la tradition.
Les mots en question
L'académicien a spécifiquement pointé du doigt plusieurs nouvelles entrées du dictionnaire comme preuve de ce qu'il perçoive comme un changement politique troublant. Parmi les termes qui ont attiré son courroux figurent groupie, referenciar et risoterapia. Ces mots représentent l'effort de l'Académie pour documenter l'usage contemporain, mais Pérez-Reverte voit les choses différemment.
Pour l'auteur, ces ajouts ne sont pas de simples mises à jour, mais un abandon fondamental du rôle traditionnel de l'Académie. Il soutient qu'en incorporant de tels termes, l'institution a :
- Renoncé à sa fonction normative dans la culture hispanophone
- Cédé aux tendances numériques éphémères
- Abaisse ses normes d'inclusion au dictionnaire
L'inclusion de groupie (un mot d'emprunt anglais), referenciar (un verbe dérivé du mot anglais « reference ») et risoterapia (thérapie par le rire) représente, à son avis, une capitulation face à l'informalité linguistique.
« l'Académie a renoncé à sa fonction normative et se laisse mener par des « youtubers » et des « influenceurs » qui sont illettrés »
— Pérez-Reverte, Auteur et académicien
L'accusation des influenceurs
La critique de Pérez-Reverte s'étend au-delà des mots eux-mêmes à la source perçue de ce changement linguistique. Il soutient que l'Académie n'agit plus comme une gardienne de la langue, mais comme une suiveuse de la culture populaire.
l'Académie a renoncé à sa fonction normative et se laisse mener par des « youtubers » et des « influenceurs » qui sont illettrés
Cette accusation touche au cœur de la controverse. L'auteur suggère que l'institution responsable de préserver l'intégrité de l'espagnol prend plutôt des indices auprès de personnalités des réseaux sociaux qui, selon son évaluation, manquent d'une éducation linguistique appropriée. Cela représente un changement profond par rapport au rôle historique de l'Académie en tant qu'arbitre ultime des normes de la langue espagnole.
Tradition vs. évolution
Le conflit entre Pérez-Reverte et l'Académie royale reflète une tension intemporelle en linguistique : les dictionnaires doivent-ils documenter la langue telle qu'elle est utilisée, ou doivent-ils préserver une forme standard de la langue ? L'Académie a traditionnellement navigué avec soin entre ces rôles, mais les ajouts récents à l'ère numérique ont poussé cet équilibre dans le débat public.
La lexicographie moderne favorise généralement les approches descriptives — documentant comment les gens utilisent réellement la langue — plutôt que les approches prescriptives — dictant comment ils devraient l'utiliser. Cependant, la critique de Pérez-Reverte suggère que certaines autorités linguistiques estiment que l'Académie est allée trop loin en embrassant le jargon numérique et la culture d'internet, potentiellement au détriment de la richesse linguistique et de la continuité historique.
Implications culturelles
Cette controverse dépasse la simple sélection de mots ; elle remet en question qui détient l'autorité sur la langue au 21e siècle. Alors que les réseaux sociaux accélèrent le changement linguistique, les gardiens traditionnels comme l'Académie font face à une pression sans précédent pour s'adapter ou risquer l'irrélevance.
La position de Pérez-Reverte représente une défense de l'autorité linguistique institutionnelle contre ce qu'il perçoit comme la démocratisation des normes linguistiques par le biais des plateformes numériques. Le débat soulève des questions fondamentales : la langue doit-elle évoluer naturellement par l'usage populaire, ou doit-elle être soigneusement élaborée par les institutions établies ? Et à une époque où les YouTubers et les influenceurs atteignent des millions de personnes chaque jour, qui façonne vraiment la façon dont les gens parlent et écrivent ?
Perspectives
Le désaccord public entre un auteur célèbre et l'Académie royale signale une réévaluation culturelle plus large de la préservation de la langue à l'ère numérique. La critique de Pérez-Reverte a donné une voix aux préoccupations selon lesquelles les normes linguistiques s'érodent sous la pression de la culture en ligne.
Que l'Académie réponde à cette critique ou continue son approche actuelle reste à voir. Ce qui est certain, c'est que le débat sur les mots qui appartiennent au dictionnaire — et qui décide — est devenu plus visible et plus contentieux que jamais, reflétant des tensions plus larges entre tradition et innovation dans les sociétés hispanophones.
Questions fréquentes
Quels mots spécifiques ont provoqué la critique de Pérez-Reverte ?
Pérez-Reverte a spécifiquement critiqué l'inclusion de termes comme « groupie », « referenciar » et « risoterapia » dans le dictionnaire de l'Académie royale. Il considère ces ajouts comme la preuve que l'Académie a abandonné son rôle normatif au profit du suivi des tendances numériques.
Pourquoi Pérez-Reverte pense-t-il que ces changements de dictionnaire sont problématiques ?
Il soutient qu'en ajoutant de tels termes, l'Académie a renoncé à sa fonction traditionnelle d'autorité linguistique et se laisse plutôt mener par des influenceurs et des YouTubers incultes. Cela représente, à son avis, une capitulation des normes institutionnelles face à la culture populaire.
Que révèle cette controverse sur la lexicographie moderne ?
Le conflit met en lumière la tension fondamentale entre la documentation de la langue telle qu'elle est réellement utilisée et la préservation des normes linguistiques traditionnelles. Il soulève également des questions sur qui devrait avoir l'autorité sur la langue à une époque où les personnalités des réseaux sociaux atteignent des millions de personnes chaque jour.
Quelle est la signification plus large de ce débat ?
Cette controverse représente des inquiétudes culturelles plus larges sur la manière dont les plateformes numériques remodèlent les institutions traditionnelles. Elle reflète des tensions permanentes entre tradition et innovation, et questionne si la langue devrait évoluer naturellement ou être soigneusement élaborée par les autorités établies.







