Points Clés
- L'amendement constitutionnel à l'article 23 a été approuvé lors d'un second vote législatif par l'Assemblée nationale, contrôlée par le parti au pouvoir.
- Le président Daniel Ortega et la vice-présidente Rosario Murillo sont au pouvoir depuis 2007, et cette réforme est perçue comme une mesure visant à assurer leur contrôle politique à long terme.
- L'élimination de la double nationalité s'inscrit dans une tendance du gouvernement utilisant des mesures « de facto » contre les opposants politiques, y compris la pratique de la « dénationalisation ».
- La réforme fait partie d'un processus plus large et continu de modification de l'ensemble de la Constitution du Nicaragua, qui a commencé avec l'annonce de ce changement spécifique en mai 2025.
Un tournant constitutionnel
Dans une mesure qui modifie fondamentalement le paysage juridique pour ses citoyens, le gouvernement nicaraguayen a officiellement aboli le droit à la double nationalité. L'amendement constitutionnel, qui est entré en vigueur cette semaine, a été promulgué par l'Assemblée nationale, un corps législatif fermement sous le contrôle du parti au pouvoir du président Daniel Ortega.
Cette décision marque un point décisif dans la trajectoire politique de la nation, représentant l'aboutissement d'un processus de réforme annoncé en mai 2025. Il ne s'agit pas d'un changement isolé, mais plutôt d'un composant clé d'une stratégie plus vise pour remanier la charte gouvernementale du pays.
Les mécanismes de l'exclusion
Le cœur du changement juridique réside dans le texte révisé de l'article 23 de la Constitution. Le nouveau libellé est net et sans ambiguïté, stipulant : « La nationalité nicaragüense se perderá al adquirir otra » (La nationalité nicaraguayenne sera perdue en acquérant une autre). Cette phrase unique ferme effectivement la porte à une pratique courante dans de nombreuses parties du monde.
L'amendement a été adopté lors d'un second et dernier vote législatif, une étape procédurale qui consolide sa place dans la loi suprême de la nation. Le processus a été rapide et décisif, reflétant le pouvoir consolidé de l'administration actuelle.
- Élimine la reconnaissance juridique de la double nationalité
- S'applique automatiquement lors de l'acquisition d'une nationalité étrangère
- Représente un changement significatif dans la loi sur l'identité nationale
- Adopté par une législature dominée par le parti au pouvoir
« La nacionalidad nicaragüense se perderá al adquirir otra »
— Article 23, Constitution du Nicaragua
Consolider le pouvoir
Au-delà des spécificités juridiques, l'élimination de la double nationalité sert un but politique plus large. C'est la pierre angulaire d'un projet extensif de modification de l'ensemble de la Carta Magna, conçu pour cimenter le règne du président Daniel Ortega et de sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo. L'objectif ultime semble être d'assurer leur permanence à long terme à la tête de l'État.
La réforme comporte également une implication alarmante pour la dissidence politique. Elle codifie effectivement une pratique que le régime appliquait déjà de facto : la denacionalización (dénationalisation) de ses opposants. En intégrant ce pouvoir dans la constitution, le gouvernement transforme une tactique extra-légale en une politique formelle de l'État.
La mesure fait partie d'un processus visant à enterrer les restes de la séparation des pouvoirs et à rendre les pratiques répressives constitutionnelles.
Un modèle de répression
Ce dernier développement s'inscrit dans un modèle plus large de contrôle politique et social au Nicaragua. La refonte constitutionnelle ne concerne pas seulement la nationalité ; elle vise à démanteler systématiquement les freins et contrepoids démocratiques. La démarche visant à constitutionaliser les mesures répressives indique un effort stratégique pour fournir un vernis juridique à des actions prises auparavant sans une telle base.
En supprimant la possibilité de double nationalité, l'État acquiert un outil puissant pour isoler les citoyens et couper leurs liens juridiques avec d'autres nations. Cela peut être particulièrement impactant pour l'opposition politique, dont beaucoup ont cherché refuge ou soutien à l'étranger. La réforme signale effectivement que l'allégeance au Nicaragua doit être exclusive et absolue, telle que définie par l'État.
Le coût humain
Bien que la réforme soit présentée comme une question juridique et politique, ses conséquences sont profondément personnelles pour des millions de Nicaraguayens. Pour les individus ayant des liens familiaux, commerciaux ou culturels avec d'autres pays, ce changement crée un choix impossible : renoncer à son héritage ou rompre les liens avec un nouveau foyer. La politique risque de créer une génération d'individus apatrides ou de forcer une douloureuse déconnexion de la diaspora mondiale.
L'impact complet de ce changement constitutionnel se déroulera au fil du temps. Il représente un rétrécissement significatif de l'identité et de l'appartenance au Nicaragua, transformant la citoyenneté d'un droit en un privilège conditionnel accordé et révoqué par l'État.
Perspectives
L'abolition de la double nationalité au Nicaragua est plus qu'un ajustement juridique ; c'est une déclaration profonde sur la direction du pays sous le régime Ortega-Murillo. Elle consolide un modèle de gouvernance basé sur le contrôle absolu et l'élimination des allégeances plurielles.
Les principaux enseignements de ce développement incluent :
- La démarche formalise l'utilisation de la citoyenneté comme un outil de répression politique.
- Elle fait partie d'une réécriture constitutionnelle plus large visant à prolonger le mandat de la direction actuelle.
- La réforme modifie fondamentalement la relation entre l'État et ses citoyens.
- Les observateurs internationaux surveilleront de près les érosions supplémentaires des droits.
Le monde attend maintenant de voir comment cette transformation constitutionnelle affectera l'avenir du Nicaragua, son peuple et sa place dans la communauté internationale.
Questions fréquentes
Quelle est la nouvelle loi concernant la double nationalité au Nicaragua ?
Une nouvelle réforme constitutionnelle élimine la double nationalité. Selon l'article 23 modifié, la citoyenneté nicaraguayenne sera perdue immédiatement lors de l'acquisition d'une autre nationalité. Cette mesure a été approuvée par l'Assemblée nationale.
Pourquoi ce changement a-t-il été mis en œuvre ?
La réforme fait partie d'une refonte constitutionnelle plus large visant à sécuriser la permanence politique du président Daniel Ortega et de la vice-présidente Rosario Murillo. Elle sert également à formaliser des pratiques répressives, telles que le retrait de la citoyenneté aux opposants politiques, qui étaient auparavant menées sans base constitutionnelle.
Quand cette réforme est-elle entrée en vigueur ?
La mesure a été officiellement ordonnée d'entrer en vigueur un mardi, suite à son second vote législatif. Le plan d'élimination de la double nationalité avait été annoncé pour la première fois par le gouvernement en mai 2025.








