Points Clés
- Mercy est un thriller screenlife réalisé par Timur Bekmambetov qui est sorti en salles IMAX et 3D le 23 janvier.
- Le film met en scène Chris Pratt dans le rôle du détective Chris Raven, un accusé de meurtre qui doit prouver son innocence à un juge IA nommé Judge Maddox, interprété par Rebecca Ferguson.
- Le film se déroule dans un Los Angeles gangrené par la criminalité en 2029 et explore un système judiciaire où la peine capitale pilotée par l'IA est la norme.
- Le récit se déroule entièrement via des interfaces numériques, notamment des appels FaceTime, des séquences de caméras portatives et des fenêtres holographiques 3D affichant des preuves.
- Le réalisateur Timur Bekmambetov est un vétéran du genre screenlife, ayant produit des films comme la série Unfriended et Searching.
- Le style visuel du film a été décrit comme chaotique et désorientant, en particulier au format 3D, avec une présentation encombrée de fenêtres pop-up et de perspectives changeantes.
Un Procès Numérique à Haut Risque
Le dernier film de Timur Bekmambetov, Mercy, plonge le public dans un Los Angeles du futur proche où le système judiciaire a été entièrement automatisé. Ce thriller screenlife, qui est sorti en salles IMAX et 3D le 23 janvier, présente un récit rapide où un homme accusé doit prouver son innocence à un juge IA en 90 minutes ou être mis à mort.
Le film met en scène Chris Pratt en tant que détective Chris Raven, qui se réveille attaché à une chaise mortelle. Son juge est l'entité IA imposante Judge Maddox, interprétée par Rebecca Ferguson. La prémisse est une horloge de survie qui tourne, mais l'exécution se sent souvent aussi boguée que la technologie qu'elle décrit.
La Mise en Place Mécanique
Le film s'ouvre sur un dispositif narratif unique : un montage « précédemment dans » qui explique la propre prémisse du film. Cette séquence éditée détaille comment le Los Angeles gangrené par la criminalité et la pauvreté de 2029 a adopté la peine capitale pilotée par l'IA. Ironiquement, cet exposé est montré au tueur accusé lui-même, le détective Raven, qui connaît intimement le système – il a été le pionnier du projet « Mercy ».
Raven obtient l'accès à un cloud communautaire contenant les données numériques et GPS de tout le monde à Los Angeles. Il doit trier des textes, des vidéos de sonnettes et d'autres sources numériques pour prouver son innocence. À mesure que les preuves sont présentées, des fenêtres iOS apparaissent autour de la tête de Raven comme des hologrammes 3D, créant une interface visuelle pour la bataille juridique.
Le cas contre Raven semble étanche : il est rentré chez lui, s'est battu avec sa femme Nicole, et est reparti, pour que leur fille trouve Nicole poignardée quelques minutes plus tard. Le seul problème est que Raven n'a aucun souvenir des événements, un mystère intriguant qui est rapidement balayé d'un revers de main alors que l'histoire change de vitesse à toute vitesse.
« C'est souvent hilaramment bâclé malgré ses prouesses conceptuelles, et un exemple parfait de grandes idées écrasées et gâchées... sans mentionner, rendues entièrement migraineuses si vous le regardez en 3D. »
— Critique de film
Une Surcharge Visuelle
Alors que l'horloge à l'écran compte à rebours, le récit introduit une multitude de personnages secondaires via des appels FaceTime, dont le partenaire de police de Raven, Jacqueline « Jaq » Dialo, et son parrain d'AA, Rob Nelson. Le mystère est dénoué pratiquement à l'envers, avec des indices expliqués ou exposés au moment même où ils sont découverts. Raven utilise Jaq comme proxy pour revisiter la scène de crime, en regardant le monde à travers sa caméra portative, des drones et des rendus numériques de lieux réels.
Cette succession rapide de perspectives crée un encombrement visuel qui peut être physiquement exigeant. Le film change de focus de manière désordonnée, passant de la conspiration technologique à un drame domestique à un mélange de thriller sur les drogues et le terrorisme. La simple volée d'images et de fenêtres pop-up qui volent vers le spectateur rend difficile l'investissement dans le récit.
Ces éléments visuels ne sont souvent pas sur le même plan de focus, forçant les yeux à s'ajuster plus vite que le cerveau ne peut traiter l'information. Cet effet devient encore plus prononcé et migraineux lors du visionnage en 3D.
C'est souvent hilaramment bâclé malgré ses prouesses conceptuelles, et un exemple parfait de grandes idées écrasées et gâchées.
Le Paradoxe de l'IA
Peut-être l'aspect le plus frappant de Mercy est son approche thématique de la technologie. Le cadre implique un appareil d'État omniscient qui utilise des faits de base pour prendre des décisions instantanées avant d'envoyer les gens à la mort. Cependant, cet accès instantané à tous les aspects de la vie des gens n'est pas présenté comme un dilemme ou une source d'hésitation.
L'approche neutre du film concernant la surveillance omniprésente est le fondement de son cadre mystère. Pourtant, associée à la propension pro-IA du film – malgré la représentation de l'IA comme une entité fasciste – elle crée une expérience de visionnage étrange. Le récit semble vendre un concept qui est difficile de ne pas perturber.
Le réalisateur Timur Bekmambetov est un vétéran du genre screenlife, ayant produit des films comme la série Unfriended, Searching et R#J. Il comprend le défi de raconter une histoire dans les limites d'un écran d'ordinateur. Dans Mercy, cependant, il pousse le concept au-delà de ses limites jusqu'à ce qu'il casse, devenant ennuyeux en cours de route.
Personnage et Moralité
Bien que les preuves numériques soient présentées à travers les yeux de Raven, la caméra se concentre fréquemment sur des gros plans agressifs de Pratt. Le film révèle que son personnage est un mari et policier désagréable, aux limites de la rédemption, rendant son innocence difficile à soutenir. En revanche, le magistrat IA ombrageux de Ferguson apparaît comme étonnamment plus humain.
Il y a peu de défi émotionnel ou de dissonance cognitive à vouloir que Raven s'échappe ; l'approche de la moralité du film est décourageusement plate. Pratt échoue souvent à insuffler au personnage des émotions réalistes ou le spectacle qui pourrait rendre le thriller opératique. Le résultat est un protagoniste dont le destin ressemble moins à une bataille juridique à haut risque et plus à une démonstration technique.
Le genre screenlife a évolué depuis les premières expériences de webcam vers des exemples plus soignés. Mercy tente de s'appuyer sur cet héritage mais gâche finalement ses prouesses conceptuelles. Le potentiel du film se perd dans une exécution chaotique qui privilégie les gadgets visuels à un récit cohérent.
Verdict sur Mercy
Mercy est un film de hautes concepts et de basses exécutions. Il tente de fusionner le genre screenlife avec un thriller juridique à haut risque mais se retrouve embourbé par un style visuel encombrant et un récit qui se déplace trop vite pour résonner. L'exploration de la justice par l'IA du film est intrigante mais se sent finalement sous-développée.
Pour le public, l'expérience peut dépendre fortement du format de visionnage. Bien que la présentation IMAX offre une échelle immersive, la version 3D exacerbe le chaos visuel du film, en faisant une expérience physiquement éprouvante. Le film sert d'exemple parfait de la manière dont de grandes idées peuvent être gâchées quand on ne leur laisse pas la place pour se développer.
En fin de compte, Mercy sera peut-être le mieux mémorisé pour sa tentative ambitieuse de repousser les limites du genre screenlife, même s'il trébuche dans l'exécution. C'est une histoire d'avertissement sur les limites de la narration numérique et l'importance de la clarté narrative sur la complaisance visuelle.









