Points Clés
- Cinquième album de Luca Argel « O homem triste » sort le 23 janvier 2026
- L'album contient neuf compositions originales explorant la masculinité toxique
- Produit par Moreno Veloso avec des œuvres visuelles de Marina Poppovic
- Inspiré par le comportement agressif du filleul d'Argel après l'école
- Enregistré entre Rio de Janeiro et Almada, au Portugal
- Comprend un groupe exceptionnel incluant Alberto Continentino et Domenico Lancellotti
- Le morceau final « Quando a cura começa » est co-écrit avec César Lacerda
L'Émergence de l'Homme Triste
Le cinquième album de Luca Argel, O homem triste, sort le 23 janvier 2026, comme une exploration profonde de la manière dont la masculinité toxique contamine les garçons dès leur plus jeune âge. Cet album conceptuel est né d'une observation personnelle qui a révélé un schéma troublant dans la société moderne.
Produit par Moreno Veloso et présentant des œuvres visuelles de Marina Poppovic, ce travail de neuf morceaux retrace le parcours d'hommes qui deviennent émotionnellement paralysés après être tombés dans le piège social du camouflage de leurs sentiments.
Foi na TV que aprendi a ser homem / Foi na escola e nos filmes de herói / Ser o maior, o mais forte, o primeiro / E ainda não sentir-se inteiro
Ces premières lignes du morceau titre synthétisent l'argument central de l'album sur les normes impossibles imposées aux hommes.
La Transformation d'un Filleul
La genèse de l'album remonte à Luca Argel observant un changement troublant chez son filleul. Après son retour de l'école, le garçon était devenu nettement plus agressif. Il commençait à rejeter les couleurs, les vêtements et les jouets qu'il appréciait auparavant.
Argel a conclu que pendant son temps avec ses camarades de classe, le garçon avait été contaminé par des notions erronées. Cette contamination a planté la graine de la masculinité toxique qui germe dans l'âme des hommes dès l'enfance et gouverne les attitudes misogynes dans la vie adulte.
Cette observation personnelle a déclenché le concept d'O homem triste, le cinquième album original d'Argel. Le musicien né à Rio de Janeiro, qui a émigré au Portugal en 2012, a façonné un travail qui examine :
- La contamination précoce des garçons par des normes de genre rigides
- Comment les attentes sociales créent une paralysie émotionnelle
- La transformation d'enfants sensibles en hommes contraints
- Le lien entre les expériences de l'enfance et le comportement adulte
"Foi na TV que aprendi a ser homem / Foi na escola e nos filmes de herói / Ser o maior, o mais forte, o primeiro / E ainda não sentir-se inteiro"
— Luca Argel, O homem triste
Le Voyage à Travers Neuf Chansons
L'album fonctionne comme un parcours conceptuel à travers le cycle de vie de la masculinité toxique. À travers neuf compositions originales, Argel retrace comment les hommes deviennent piégés et attristés par leur incapacité à exprimer leurs émotions.
Le travail suit un arc narratif qui commence par la contamination et se termine par la possibilité de guérison. La production maintient une atmosphère intime malgré l'intention d'Argel de créer des chansons pop plus extériorisées.
Les morceaux clés révèlent différents aspects de ce parcours :
- Primeiro mar - Explore la connexion utérine que tous les hommes partagent avec les femmes
- Tive que mentir - Poursuit le parcours réflexif avec une profondeur poétique
- É pedir demais? - Rejette les exigences de perfection dans une atmosphère de bossa nova
- Homem (a canção) - Questionne où les hommes cachent les mots quand la force disparaît
La douceur naturelle de l'album et la prestation vocale décontractée créent une intimité appropriée pour un sujet aussi vulnérable.
Une Production Star-Studded
Enregistré entre Rio de Janeiro et Almada, au Portugal, l'album présente un ensemble exceptionnel de musiciens brésiliens. Le groupe exceptionnel comprend Alberto Continentino à la basse, Domenico Lancellotti à la batterie, Leo Martins aux percussions, Pedro Sá à la guitare, et Pri Azevedo au piano, à l'accordéon et aux claviers.
Moreno Veloso contribue lui-même à la batterie et aux percussions, tandis que Marcelo Caldi fournit les arrangements de cordes orchestrales. Les paroles du morceau titre intègrent des vers de « Canal zero » (2008) de Manel Cruz et « Homem » (2006) de Caetano Veloso, créant un dialogue avec les traditions musicales brésiliennes existantes.
La composante visuelle correspond à la profondeur de la musique. Marina Poppovic a créé l'œuvre de couverture de l'album en parfaite synchronie avec le concept du disque. L'emballage prolonge l'exploration de l'identité masculine de l'album à travers le symbolisme visuel.
Deux singles ont précédé la sortie, dont le samba décontracté Arqueologia de armário, qui est sorti le 9 janvier avec les arrangements de cordes signature qui ornent la plupart des morceaux.
Poésie et Vulnérabilité
Les paroles d'Argel tout au long de l'album démontrent une maîtrise poétique remarquable tout en conservant une accessibilité. Le premier vers du morceau titre établit la thèse du travail : les hommes apprennent leurs rôles à la télévision, à l'école et dans les films de héros, mais restent incomplets malgré l'acquisition de la force et de la primauté.
Dans Primeiro mar, Argel écrit avec grâce lyrique :
O primeiro mar de todo mundo / Fica dentro de uma mulher / E no seu olhar fica o segundo / De onde ninguém sai porque quer
Cette imagerie se connecte au lien utérin que chaque homme partage avec une femme à la naissance. La chanson explore la connexion profonde entre l'identité masculine et les origines féminines.
Dans Homem (a canção), Argel questionne :
Homem / Onde escondes as palavras quando as forças somem?
Il poursuit avec des vers qui explorent le corps comme un trésor de la plante au cou, où la douleur et le don sont permis. L'album équilibre cette vulnérabilité avec les touches d'accordéon de Pri Azevedo dans « Meu irmão », qui soulignent la tendresse et la poésie.
Le Chemin Vers la Guérison
L'album se termine par une résolution conceptuelle qui le distingue comme un travail complet. Le morceau final, Quando a cura começa, est le seul chant co-écrit avec un partenaire, César Lacerda.
Sur des accords de piano clairsemés, la chanson imagine la lumière émergeant de l'obscurité où les hommes sont jetés pendant l'enfance. Les paroles suggèrent une urgence à confronter ces modèles hérités :
Não há tempo pro pavor / E não há tempo pra adiar o amor
Cette déclaration finale propose que la guérison ne peut pas attendre. L'obscurité imposée aux hommes dès l'enfance doit être confrontée immédiatement par l'amour et la vulnérabilité.
Bien que le style d'écriture d'Argel ne possède peut-être pas de signatures radicalement originales, O homem triste élève son art à un nouveau niveau dans la musique du vingt-et-unième siècle. À une époque où la plupart des chansons ressemblent à des fleurs en plastique, Argel s'alimente d'émotions et de réflexions réelles.
Points Clés à Retenir
O homem triste représente une évolution significative dans le parcours artistique de Luca Argel, transformant une observation personnelle en un commentaire universel. La force de l'album réside dans sa capacité à tracer les racines de la masculinité toxique jusqu'aux expériences de l'enfance tout en maintenant une beauté poétique.
La collaboration avec Moreno Veloso et Marin



