Points Clés
- Arturo Pérez-Reverte a publié une colonne critique dans EL MUNDO, remettant en cause les décisions linguistiques récentes de la Real Academia Española.
- Plusieurs universitaires ont répondu publiquement pour rejeter l'affirmation de l'auteur selon laquelle l'institution laisserait la langue devenir vulgaire.
- Les linguistes ont clarifié que leur rôle est de décrire la langue telle qu'elle est utilisée, et non d'interdire ou de punir les locuteurs pour leur usage.
- Ce désaccord public soulève des questions fondamentales sur qui a l'autorité de définir et de façonner la langue espagnole.
- Le débat porte sur le fait de savoir si la RAE doit agir comme un gardien strict de la tradition ou comme le reflet de ses locuteurs divers.
Un conflit littéraire
Un débat public a éclaté entre l'un des romanciers les plus célèbres d'Espagne et les gardiens de sa langue. La controverse a débuté lorsque Arturo Pérez-Reverte a publié une tribune très ferme dans le journal EL MUNDO, visant la Real Academia Española (RAE) et ses décisions récentes.
L'auteur acclamé n'a pas mâché ses mots, arguant que l'institution est devenue trop accommodante avec les influences extérieures. Au cœur de sa critique se trouve la crainte que la langue espagnole ne soit diluée, permettant ce qu'il décrit comme un registre de plus en plus vulgaire d'acquérir une légitimité. Sa colonne a depuis déclenché une conversation importante sur l'autorité linguistique et la véritable nature de l'évolution de la langue.
L'accusation
Dans sa colonne, Pérez-Reverte a formulé une accusation claire et directe contre la RAE. Il soutient que l'institution, qui a historiquement été considérée comme l'arbitre ultime de la langue espagnole, ne tient plus son rang. Au lieu de cela, argue-t-il, elle choisit activement de pliegue a presiones externas, ou de céder aux pressions extérieures.
Cette capitulation perçue, à son avis, a conduit à une érosion dangereuse des normes. Il craint qu'en acceptant ces changements, la RAE ne permette une dégradation de la langue. Le cœur de son argument repose sur une vision traditionaliste de la langue, où la pureté et les normes élevées doivent être défendues contre les forces du changement.
Notre travail n'est ni d'interdire ni de gronder, c'est une vision très ancienne.
"Notre travail n'est ni d'interdire ni de gronder, c'est une vision très ancienne."
— Universitaires, Real Academia Española
La réplique universitaire
En réponse à ce défi public, plusieurs universitaires sont intervenus pour offrir une perspective différente sur la mission de la RAE. Ils rejettent fermement la notion selon laquelle l'institution serait un gardien conçu pour restreindre l'usage de la langue. Leur défense se concentre sur une compréhension moderne et plus inclusive de leur travail.
Les linguistes clarifient que leur fonction est fondamentalement différente de ce que suggère Pérez-Reverte. Ils voient leur rôle comme celui de la documentation et des conseils, et non de la prohibition. Cette réponse signale une division philosophique significative :
- Le but de la RAE est d'observer, pas de commander
- La langue est une entité vivante et démocratique
- La communication appartient à tous ses locuteurs
- Les écrivains n'ont pas la propriété exclusive
En encadrant leur travail de cette façon, les universitaires positionnent la RAE comme un service pour l'ensemble de la communauté hispanophone, plutôt que comme un conseil de figures littéraires d'élite.
À qui appartient l'espagnol ?
Le désaccord entre le romancier et les linguistes révèle une question plus profonde et plus fondamentale : À qui appartient la langue espagnole ? L'argument de Pérez-Reverte implique que la propriété et la gestion appartiennent à un groupe choisi de gardiens littéraires qui sont responsables du maintien de son intégrité et de son élégance.
Au contraire, les universitaires présentent une vision plus démocratique. Ils affirment que la langue n'est pas la propriété exclusive des écrivains. C'est plutôt un outil collectif, façonné et défini par les millions de personnes qui l'utilisent chaque jour pour toutes les fins imaginables. Cette perspective voit le rôle de la RAE comme celui de refléter la langue telle qu'elle est réellement parlée et écrite, dans toutes ses formes diverses, plutôt que de dicter comment elle devrait être.
Une institution moderne
La défense des universitaires brosse le portrait d'une Real Academia Española qui s'adapte à son époque. En affirmant explicitement que leur travail ne concerne pas la prohibition, ils tracent une ligne entre l'image historique de l'institution et sa fonction contemporaine. L'expression una visión muy antigua (une vision très ancienne) répond directement à la critique selon laquelle ils failliraient à leurs devoirs.
En fin de compte, c'est un débat sur la nature même de la langue. Est-ce un artefact statique à préserver sous verre, ou un système dynamique et évolutif qui appartient à ses utilisateurs ? La réponse des linguistes se positionne fermement du côté de l'évolution et de la propriété par les utilisateurs. Leur position suggère que pour que la langue espagnole reste dynamique et pertinente, son institution officielle doit être un miroir de ses locuteurs, et non un juge.
Points à retenir
L'échange entre Arturo Pérez-Reverte et les linguistes met en lumière un moment charnière pour la langue espagnole. C'est un affrontement entre le traditionalisme de la préservation et la linguistique descriptive moderne. Le cœur du problème ne concerne pas seulement des mots spécifiques, mais le but fondamental d'une académie de langue nationale.
Alors que cette conversation se poursuit, elle force une réévaluation de la place de la RAE au 21e siècle. Les universitaires ont clarifié leur position : ils sont les serviteurs de la langue et de ses locuteurs, et non ses maîtres. Ce débat façonnera probablement la manière dont l'institution abordera son travail au cours des années à venir, équilibrant son histoire prestigieuse avec les exigences d'un monde en mutation.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui a déclenché le débat récent sur la langue espagnole ?
La controverse a été initiée par une colonne du romancier Arturo Pérez-Reverte. Il a critiqué la Real Academia Española pour ce qu'il perçoit comme un déclin des normes linguistiques et pour céder aux pressions extérieures.
Comment les linguistes ont-ils répondu à la critique de Pérez-Reverte ?
Un groupe d'universitaires a publiquement rejeté ses accusations. Ils ont défendu le rôle moderne de la RAE, soulignant que leur travail est descriptif et que la langue appartient à tous ses locuteurs, pas seulement aux écrivains.
Quel est le cœur de ce désaccord ?
Le débat porte sur le but fondamental de la RAE. Pérez-Reverte semble favoriser un rôle traditionnel et prescriptif pour l'institution, tandis que les linguistes plaident pour une approche descriptive qui reflète comment les gens utilisent réellement la langue.
Pourquoi cette discussion est-elle importante pour les hispanophones ?
Ce débat touche à l'identité même et à la propriété de la langue espagnole. Il aborde la question de savoir si la langue doit être préservée comme un artefact littéraire ou si elle doit être autorisée à évoluer naturellement avec ses millions d'utilisateurs quotidiens.










