Points Clés
- Jaume Claret Muxart, à seulement 27 ans, a obtenu deux nominations aux Prix de l'Académie espagnole du cinéma (Goya) et huit nominations aux Prix du cinéma catalan (Gaudí) pour son premier long métrage.
- Son film « Estrany riu » a remporté des prix à la fois au prestigieux Festival du film de Venise et au festival de Reykjavik, démontrant son attrait international et son mérite artistique.
- Le parcours éducatif de Muxart l'a mené à travers trois « familles » distinctes : sa famille artistique d'origine, le programme éducatif Cinema en Curs et l'Elías Querejeta Zine Eskola à Donosti.
- L'Elías Querejeta Zine Eskola fonctionne selon un modèle unique qui rejette la formation technique traditionnelle au profit de l'aide aux étudiants pour développer des projets de longs métrages complets.
- Muxart a commencé son implication avec le cinéma à l'âge de quatorze ans lorsqu'il a été témoin d'un plateau de tournage, ce qui l'a inspiré à devenir critique et programmateur de cinéma avant de poursuivre une formation formelle.
- Grâce à son travail avec Cinema en Curs, Muxart a contribué à apporter l'éducation à la réalisation cinématographique à des dizaines d'écoles secondaires, s'engageant directement avec de jeunes créateurs à travers la région.
Une nouvelle voix dans le cinéma
À 27 ans, Jaume Claret Muxart a déjà accompli ce que de nombreux réalisateurs mettent des décennies à poursuivre. Originaire de Sant Cugat del Vallès, il a obtenu des nominations à la fois des Prix de l'Académie espagnole du cinéma (Goya) et des Prix du cinéma catalan (Gaudí) pour son premier long métrage.
Son parcours représente une intersection unique d'héritage artistique, d'innovation pédagogique et de soutien institutionnel. Plutôt que de suivre un chemin traditionnel à travers l'école de cinéma, Muxart a tracé une approche distinctive qui fait le pont entre l'éducation et la réalisation cinématographique professionnelle.
L'histoire du jeune réalisateur remet en question les récits conventionnels sur l'éducation cinématographique et l'engagement des jeunes avec le cinéma. Son succès démontre comment des modèles d'apprentissage alternatifs peuvent produire des talents reconnus par l'industrie.
Trois familles, une vision
Claret Muxart décrit sa vie à travers le prisme de trois familles distinctes qui ont façonné son développement. La première est sa famille d'origine, où l'influence artistique est profonde — ses grands-parents étaient des peintres d'avant-garde, tandis que ses parents sont une architecte et un professeur d'éducation physique.
La deuxième famille est apparue à travers Cinema en Curs, le programme éducatif pionnier qui apporte la réalisation cinématographique dans les écoles secondaires de la région. Cette initiative lui a permis de se connecter avec de jeunes créateurs tout en développant sa propre approche pédagogique.
La troisième et la plus transformatrice est l'Elías Querejeta Zine Eskola (EQZE) à Donosti. Contrairement aux écoles de cinéma traditionnelles qui se concentrent sur la formation technique, l'EQZE cible spécifiquement les étudiants qui souhaitent développer des projets de longs métrages.
Son chemin vers le cinéma a commencé de manière inattendue. Destiné à la danse à l'origine, Muxart a découvert sa passion à l'âge de quatorze ans lorsqu'il a été témoin des mécanismes complexes d'un plateau de tournage. Cette révélation l'a conduit à devenir critique de cinéma, écrivant pour des blogs et des publications spécialisées tout en couvrant des festivals.
En tant que jeune programmateur et collaborateur avec Cinema en Curs, il a trouvé un moyen d'éviter l'éducation universitaire traditionnelle tout en s'engageant profondément avec la communauté cinématographique. Cette voie non conventionnelle l'a finalement mené à Donosti à dix-neuf ans, où il s'est inscrit au programme unique de l'EQZE.
"Que les jeunes ne vont pas au cinéma ? Mais ils remplissent la filmothèque !"
— Jaume Claret Muxart, Réalisateur
Le succès international d'Estrany Riu
L'aboutissement du parcours éducatif de Muxart est son premier long métrage « Estrany riu », qui a reçu une reconnaissance significative tant au niveau national qu'international. Le film a obtenu deux nominations de l'Académie espagnole du cinéma et huit nominations aux Prix Gaudí, les prestigieuses récompenses du cinéma catalan.
Au-delà de la reconnaissance espagnole, le film a connu un succès sur le circuit international des festivals. Il a remporté des prix au Festival du film de Venise, l'un des événements cinématographiques les plus prestigieux au monde, et a également rapporté des prix au festival de Reykjavik, démontrant son attrait interculturel.
Ce double succès — à la fois national et international — met en lumière le mérite artistique et les thèmes universels du film. La reconnaissance de circuits festivaliers aussi diversifiés suggère que l'œuvre de Muxart résonne à travers différents contextes culturels.
Cette réalisation est particulièrement notable pour un premier long métrage, positionnant Muxart comme une nouvelle voix significative dans le cinéma espagnol contemporain. Son succès valide le chemin éducatif alternatif qu'il a choisi, prouvant que la formation non conventionnelle peut mener à une reconnaissance conventionnelle par l'industrie.
Remettre en question la crise de la jeunesse du cinéma
Face aux inquiétudes généralisées concernant la baisse de la fréquentation cinématographique chez les jeunes générations, Muxart offre une perspective contraire. Il remet directement en question le récit selon lequel les jeunes abandonnent le cinéma, en pointant des preuves concrètes qui contredisent cette hypothèse.
Que les jeunes ne vont pas au cinéma ? Mais ils remplissent la filmothèque !
Cette observation reflète son implication profonde dans l'éducation cinématographique et l'engagement des jeunes. Grâce à son travail avec Cinema en Curs et son expérience à l'EQZE, Muxart a été témoin de première main de la manière dont les jeunes interagissent avec le cinéma lorsqu'on leur donne les bonnes opportunités.
Les filmothèques bondées auxquelles il fait référence suggèrent que le problème ne réside peut-être pas dans un manque d'intérêt pour le cinéma lui-même, mais plutôt dans un changement dans la manière et l'endroit où les jeunes consomment les films. Les multiplexes traditionnels peuvent perdre leur attrait, mais les institutions cinématographiques spécialisées sont en plein essor.
Sa perspective est informée par un engagement direct avec les étudiants et les jeunes réalisateurs. Plutôt que d'observer à distance, il participe activement à la création d'expériences éducatives qui connectent les jeunes avec le cinéma en tant qu'art et voie professionnelle potentielle.
La différence de l'EQZE
L'Elías Querejeta Zine Eskola représente une rupture radicale avec l'éducation cinématographique traditionnelle. Située à Donosti, l'institution évite délibérément de former des spécialistes techniques ou de suivre des méthodes d'enseignement conventionnelles.
Au lieu de cela, l'EQZE se concentre exclusivement sur les étudiants qui arrivent avec un objectif spécifique : développer et finaliser un projet de long métrage. Cette approche par projet crée un environnement intensif et collaboratif où l'apprentissage se fait par l'action.
La philosophie de l'école s'aligne parfaitement sur le propre développement de Muxart. Plutôt que de passer des années à maîtriser des compétences techniques en isolation, il a pu appliquer immédiatement son apprentissage vers un objectif créatif concret. Cette orientation pratique a probablement contribué à la qualité professionnelle de son premier long métrage.
Pour des étudiants comme Muxart, entré à l'âge de dix-neuf ans, ce modèle fournit un chemin direct de l'éducation vers la réalisation cinématographique professionnelle. L'accent mis sur les projets complets plutôt que sur une formation technique fragmentée garantit que les diplômés quittent avec une œuvre achevée qui démontre leurs capacités à l'industrie.
Perspectives d'avenir
Le parcours de Jaume Claret Muxart offre un modèle convaincant pour l'avenir de l'éducation cinématographique et de l'engagement des jeunes avec le cinéma. Son succès démontre que les voies éducatives alternatives peuvent produire des talents reconnus par l'industrie...










