Points Clés
- Le gouvernement vénézuélien a rapporté que huit personnes ont été tuées et des dizaines capturées lors de l'incursion de mai 2020 sur la côte nord du pays.
- Deux anciens membres des Bérets Verts de l'armée américaine, dont Luke Denman, figuraient parmi les hommes emprisonnés à la suite de l'opération ratée.
- Les médias contrôlés par l'État ont diffusé des « vidéos d'aveux » où les Américains capturés affirmaient agir sous les ordres du président Donald Trump.
- L'opération a été décrite par les autorités vénézuéliennes comme un complot visant à kidnapper le président Nicolás Maduro et à l'expulser du pays.
- Les hommes capturés auraient été engagés pour entraîner un groupe à l'opération en Colombie avant que la tentative ne soit lancée.
- L'incident a été comparé à l'invasion historique de la Baie des Cochons de 1961, lui valant le surnom de « Baie des Petits Cochons ».
Une opération bâclée
En mai 2020, le gouvernement vénézuélien a publié une série d'images et de vidéos saisissantes. Le montage montrait un groupe hétéroclite d'hommes capturé par les forces de sécurité dans un village sur la côte nord du pays. Selon les autorités vénézuéliennes, il ne s'agissait pas d'un événement aléatoire mais d'une tentative ratée d'assassiner ou de kidnapper le président Nicolás Maduro.
L'opération, qui a fait huit morts et des dizaines de captures, a rapidement été surnommée la « Baie des Petits Cochons » par les observateurs, en référence à l'infâme invasion de la Baie des Cochons de 1961. Parmi les prisonniers se trouvaient deux anciens Bérets Verts américains, dont la capture allait déclencher une controverse internationale complexe impliquant des accusations de coup d'État soutenu par les États-Unis et des dénis au plus haut niveau du gouvernement américain.
La capture et les aveux
Le récit du gouvernement vénézuélien était clair et immédiat. Les responsables ont déclaré que l'opération conçue pour enlever Maduro et le retirer de force du pouvoir. Les hommes capturés, décrits comme une milice mal équipée, ont été exhibés devant les médias d'État. Parmi eux se trouvaient deux anciens soldats des Bérets Verts de l'armée américaine, qui auraient été engagés pour entraîner le groupe à la mission en Colombie voisine.
Dans ce que le Venezuela a appelé des « vidéos d'aveux », les deux Américains sont apparus à l'écran. Ils ont déclaré travailler pour le compte du gouvernement américain, plus précisément sous les ordres directs du président de l'époque, Donald Trump. Ces vidéos ont été largement diffusées par les médias contrôlés par l'État, servant de preuve principale d'un complot soutenu par l'étranger.
- Huit personnes ont été tuées lors de l'incursion
- Des dizaines d'hommes ont été capturés
- Deux anciens Bérets Verts américains ont été emprisonnés
- Des vidéos d'aveux ont impliqué le gouvernement américain
« Trump, ainsi que le secrétaire d'État américain de l'époque, Mike Pompeo, ont catégoriquement nié toute implication américaine dans le complot. »
— Source originale
Dénis officiels
Les affirmations faites dans les médias d'État vénézuéliens ont été accueillies par des dénis rapides et catégoriques de la part des États-Unis. Le président Trump et le secrétaire d'État de l'époque, Mike Pompeo, ont rejeté toute suggestion d'implication du gouvernement américain dans le complot. La position américaine était que l'opération était une initiative privée ou non autorisée, et non une action d'État sanctionnée.
Cela a créé une contradiction flagrante entre les deux gouvernements. Alors que Caracas présentait les hommes capturés comme des agents de Washington, la Maison Blanche a qualifié l'incident de fabrication ou de mission non autorisée. La vérité sur qui a autorisé l'opération et pourquoi les Américains capturés ont impliqué leur propre gouvernement est restée un point central de controverse.
Trump, ainsi que le secrétaire d'État américain de l'époque, Mike Pompeo, ont catégoriquement nié toute implication américaine dans le complot.
Le récit du faux drapeau
Des doutes sur le récit officiel du Venezuela ont rapidement émergé. Le frère de l'Américain capturé Luke Denman a souligné plusieurs signaux d'alarme dans les images diffusées par le gouvernement vénézuélien. Les incohérences dans les preuves visuelles suggéraient la possibilité d'un événement mis en scène, conçu pour servir un objectif politique plutôt que de documenter une véritable opération militaire.
Cette perspective a été reprise par un porte-parole du département d'État américain, qui a suggéré que les hommes sur les images étaient utilisés comme des pions dans une opération de faux drapeau. La théorie postule que le gouvernement vénézuélien aurait orchestré ou exagéré l'événement pour justifier une répression de l'opposition, mobiliser le sentiment nationaliste et créer un récit d'agression étrangère. L'histoire complexe pourrait donc être moins un coup d'État raté qu'un théâtre politique soigneusement construit.
Points à retenir
L'incident de la « Baie des Petits Cochons » reste un chapitre trouble de l'histoire récente du Venezuela. Il met en lumière la méfiance profonde entre les gouvernements américain et vénézuélien et l'utilisation des médias comme outil de guerre politique. L'événement a servi de puissant outil de propagande pour le régime de Maduro, lui permettant de se présenter comme une victime de l'impérialisme américain.
Pour les hommes capturés, dont Luke Denman, les conséquences ont été une sévère emprisonnement dans un pays étranger. Pour les observateurs internationaux, l'épisode a souligné la difficulté de discerner le fait de la fiction dans un paysage dominé par la propagande d'État et la rivalité géopolitique. L'incident continue d'être un point de référence pour la nature complexe et souvent clandestine des conflits internationaux modernes.
Questions Fréquemment Posées
Quel a été l'incident de la « Baie des Petits Cochons » ?
La « Baie des Petits Cochons » a été une opération ratée en mai 2020 au cours de laquelle un groupe d'hommes a tenté de capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro. Le gouvernement vénézuélien a capturé et tué plusieurs individus, dont deux anciens Bérets Verts de l'armée américaine, et a présenté l'événement comme un coup d'État soutenu par les États-Unis qui a été déjoué.
Quelle a été la réponse du gouvernement américain aux accusations ?
Le gouvernement américain, y compris le président Donald Trump et le secrétaire d'État Mike Pompeo, a catégoriquement nié toute implication dans le complot. Ils ont rejeté les affirmations du gouvernement vénézuéliennes selon lesquelles l'opération était sanctionnée ou dirigée par les États-Unis.
Pourquoi y a-t-il des doutes sur la version du gouvernement vénézuélien ?
Des doutes ont été soulevés par le frère d'un Américain capturé et un porte-parole du département d'État américain, qui ont pointé des signaux d'alarme dans les images diffusées par les autorités vénézuéliennes. Ils ont suggéré que les hommes auraient pu être utilisés comme des pions dans une opération de faux drapeau orchestrée par le gouvernement vénézuélien à des fins politiques.
Qu'est-il arrivé aux anciens Bérets Verts capturés ?
Les deux anciens Bérets Verts de l'armée américaine, dont Luke Denman, ont été capturés par les forces de sécurité vénézuéliennes et emprisonnés. Ils sont apparus dans des « vidéos d'aveux » des médias d'État affirmant travailler pour le gouvernement américain, bien que cela ait été nié par les responsables américains.







