Points Clés
- La loi n° 15.330/2026 reconnaît officiellement l'açaï comme fruit national du Brésil.
- La loi a été publiée au Diário Oficial da União le 8 janvier 2026.
- Une entreprise japonaise a tenté de breveter l'açaï en 2003, un brevet ultérieurement annulé en 2007.
- La législation découle d'un projet de loi du Sénat (PLS 2/2011) de l'ancien sénateur Flexa Ribeiro.
- L'açaï est utilisé pour sa pulpe, ses graines, son palmito et ses racines dans diverses industries et la médecine traditionnelle.
Un trésor national sécurisé
Le bol vibrant d'açaï violet, un phénomène mondial de l'alimentation santé, a désormais sécurisé ses racines légales et culturelles profondément dans le sol brésilien. Dans une démarche importante pour protéger l'une des exportations les plus emblématiques de l'Amazonie, le gouvernement brésilien a officiellement désigné l'açaï comme fruit national. Cette décision dépasse un geste symbolique ; c'est une mesure stratégique pour sauvegarder le patrimoine génétique du fruit contre l'appropriation internationale.
La mesure est codifiée dans la loi n° 15.330 de 2026, qui a été formellement publiée au Diário Oficial da União le 8 janvier. Cette législation marque une étape cruciale dans les efforts continus du Brésil pour protéger son immense biodiversité et le savoir traditionnel des communautés qui cultivent et utilisent ces ressources depuis des générations.
Le cadre juridique
La nouvelle loi est le résultat d'un parcours législatif qui a commencé il y a plus d'une décennie. Elle découle du Projet de loi PLS 2/2011, initié par l'ancien sénateur Flexa Ribeiro du Pará. Le projet a été adopté avec succès par le Sénat en 2011 et a ensuite transité par la Chambre des députés en tant que PL 2.787/2011, où il a été finalement voté et approuvé à la fin de l'année précédente.
Cette législation modifie la loi 11.675 de 2008 existante, qui avait déjà établi le cupuaçu comme fruit national. En ajoutant l'açaï à cette liste protégée, le Brésil renforce son cadre juridique contre ce que l'on appelle la biopiraterie — l'utilisation commercieuse non autorisée des ressources biologiques. La loi établit efficacement l'açaï comme un actif national inaliénable.
- La loi n° 15.330/2026 a été publiée le 8 janvier 2026.
- Le projet a pris naissance au Sénat en 2011.
- Elle modifie la loi 11.675/2008.
- L'ancien sénateur Flexa Ribeiro (PA) en était l'auteur initial.
Se prémunir contre la biopiraterie
Le principal moteur de cette législation est l'urgence de prévenir le brevetage des ressources naturelles du Brésil par des entités étrangères. La loi est une réponse directe à l'histoire de telles tentatives, qui menacent à la fois la souveraineté nationale et le potentiel économique des communautés locales. Un cas particulièrement emblématique s'est produit en 2003, lorsqu'une entreprise japonaise a réussi à breveter le fruit açaï.
Ce brevet était une préoccupation majeure pour le gouvernement brésilien, qui soutenait que l'açaï était déjà une ressource bien connue et largement utilisée au Brésil. Grâce à une action diplomatique et juridique dévouée, le gouvernement brésilien a réussi à combattre le brevet, menant à son annulation en 2007. La nouvelle loi sert de mesure préventive, créant une barrière juridique pour s'assurer qu'un tel événement ne puisse pas se reproduire.
L'objectif est de réprimer les cas de biopiraterie, en veillant à ce que le matériel génétique du fruit et ses usages traditionnels restent un héritage pour le Brésil.
Les multiples usages du fruit
Originaire de la forêt amazonienne, l'açaï provient du palmier açaizeiro. Sa reconnaissance comme fruit national met en lumière sa profonde polyvalence et son importance économique bien au-delà du populaire bol de smoothie violet. Le fruit est une pierre angulaire de l'économie régionale et de la vie quotidienne, avec pratiquement aucune partie de la plante qui soit gaspillée.
Les applications de l'açaï sont remarquablement diversifiées, couvrant l'alimentation, l'industrie et la médecine traditionnelle :
- La pulpe : Largement consommée comme un aliment riche en nutriments et un ingrédient clé de l'industrie cosmétique.
- Les graines : Utilisées dans l'artisanat local et comme source d'énergie écologique, servant de substitut au bois de chauffage.
- Le palmito : Extrait de la tige du palmier, c'est un produit culinaire de valeur.
- Les racines : Traditionnellement utilisées en médecine herboriste comme vermifuge.
Cette reconnaissance juridique honore le rôle multifacette du fruit dans le maintien de l'environnement et des moyens de subsistance de millions de Brésiliens.
Perspectives
La reconnaissance officielle de l'açaï comme fruit national brésilien est une déclaration définitive. Elle renforce l'engagement de la nation à préserver son patrimoine naturel inégalé et garantit que les bénéfices économiques découlant de cette ressource restent entre les mains du peuple brésilien. En inscrivant l'açaï dans la loi, le Brésil ne protège pas seulement un fruit ; il défend un héritage culturel et écologique.
Cette législation établit un précédent puissant pour la protection d'autres espèces natives. Elle témoigne de l'idée que la biodiversité d'une nation fait partie intégrante de son identité et de son avenir, un trésor à gérer et à protéger pour les générations futures.
Foire Aux Questions
Pourquoi le Brésil a-t-il officiellement reconnu l'açaï comme fruit national ?
L'objectif principal est de prévenir la biopiraterie par des entreprises étrangères tentant de breveter le fruit et son matériel génétique. Cette reconnaissance juridique protège les ressources naturelles du Brésil et le savoir traditionnel associé à l'açaï.
Quelle est l'histoire derrière cette nouvelle loi ?
La loi a pris naissance en tant que projet de loi du Sénat (PLS 2/2011) proposé par l'ancien sénateur Flexa Ribeiro il y a plus d'une décennie. C'était une réponse directe aux tentatives passées de breveter l'açaï, comme le cas de 2003 impliquant une entreprise japonaise.
Comment l'açaï est-il utilisé en plus d'être un aliment populaire ?
L'açaï est une plante très polyvalente. Ses graines sont utilisées pour l'artisanat et comme source d'énergie, la tige fournit du palmito, et les racines ont une utilisation traditionnelle comme vermifuge.








